Gilbert Costa

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L'Opium du Peuple

| 12-01-2011 16:34:10 |

C'est le titre de mon prochain roman qui sera publié avant l'été.
Ci après les premiers chapitres.


PERSONNAGES




- Mademoiselle Sisci Yan : Officier de police détachée aux Bureau des Affaires Intérieures.

- Monsieur Tang Yaozu : Directeur du Bureau des Affaires Intérieures et du Service Action.

- Madame Yao Yun : Directrice du Bureau de la Propagande.


- Mademoiselle Li Mei : Officier de police.


- Monsieur Liu Cheng : Officier de police. Détaché au Service Action.


- Tante Emma : Tante de Liu Cheng.


- Peng : Secrétaire de Tang Yaozu






PROLOGUE

Le minibus Toyota roulait à vive allure sur le chemin de terre qui menait de la route nationale au petit port de pêche de Shibao. Malgré sa conduite experte et la vitesse réduite Li n’arrivait pas à éviter les énormes nids de poules qui constituaient la plus grande surface de la route. Les hommes étaient obligés de se cramponner aux rares poignées qui existaient encore. Le vent violent ramenait la poussière sur eux et par deux fois ils avaient côtoyé le fossé. Au sortir du virage suivant il freina brutalement pour éviter les trois gros rochers placés en travers de leur chemin. Peine perdue. Au moment où il les percutait violemment, un feu nourri s’abattit sur eux. Le minibus stoppa dans un bruit de ferraille et de roues bloquées; à l’intérieur des hurlements de douleur. Un de ses hommes réussit à ouvrir la porte arrière et sortit en tirant de longues rafales avec son pistolet mitrailleur. Une, deux, trois rafales et le silence. Il était crispé sur son volant, les éclats de métal fichés dans l’épaule le paralysant complètement. Il sentait juste son sang qui coulait lentement sur sa poitrine. Il n’avait pas mal. Un bruit de respiration lui fit tourner la tête vers la fenêtre : c’est fini pensa-t-il alors que la balle transperçait son œil gauche !

Trois mois plus tard

La ruelle était sombre et malodorante ; seule une misérable ampoule, a demi obscurcie par la poussière, jetait une lueur jaunâtre sur les trois cents mètres de terre battue qui serpentaient entre les vieilles maisons grises. L’homme avait traversé la rue en titubant, comme sorti de nulle part ; à présent il s’appuyait en haletant contre la porte d’entrée d’une maison qui semblait avoir été récemment rénovée. Une oreille attentive aurait remarqué un drôle de sifflement qui accompagnait sa respiration. Il donnait de légers coups sur la porte, le code sûrement : trois courts ; un long, un court ; deux longs. Il du répéter par deux fois son appel avant que la porte ne s’ouvre silencieusement et qu’une main ne l’entraîne à l’intérieur.
Yan sourit : sa patience était enfin récompensée. L’inconfort des longues filatures, des planques répétées, souvent le nez près des poubelles dans des positions qui vous laissaient le corps meurtri et ankylosé, tout cela avait fini par payer.




CHAPITRE I

L’Ombre du Pouvoir

Tang Yaozu, Directeur du Bureau des Renseignements Intérieurs, branche spéciale du Guojia Anquanbu , rattachée au Bureau d’Etat, lisait avec attention la fiche signalétique qui venait de sortir de l’imprimante laser :
Adresse : 78 Sanlitun Banguglu. Deux pièces, cuisine, salle de bain, quatrième étage sans ascenseur. Immeuble privé !!
Il y avait beaucoup de petites remarques sur la vie de Sisci Yan comme : suce encore son pouce de temps en temps, ne boit que du Oolong(encore une adepte de la douceur !) ou ne porte pas de pyjama pour dormir, mais celle qui l’intéressa le plus fut : N’a pas sa carte du Parti mais semble profondément attachée à la Mère Patrie. Celle-ci lui a permis de passer du statut de jeune fille « pauvre » de la banlieue sud où le père avait commencé sa carrière de receveur d’autobus en appelant le client par la fenêtre ouverte été comme hiver, à celui d’Officier de police de La République Populaire de Chine ! Le père était plutôt du côté des gardes rouges, des maoïstes purs et durs, comme beaucoup de petites gens entre 63 et 72 !
Yaozu se cala profondément dans le fauteuil de cuir de son bureau et ferma les yeux. Il avait besoin d’étoffer rapidement son Service Action car ces derniers mois il y avait eu de nombreuses pertes. Les candidats sérieux étaient peu nombreux et les candidates potentielles quasi inexistantes. Il lui fallait du sang neuf, quelqu’un de peu connu et sans passé dans le métier. Cette jeune femme serait peut-être l’agent qui lui permettrait de satisfaire enfin la demande de son chef : confondre madame YaoYun et apporter les preuves de sa trahison. La seule idée d’avoir à affronter directement YaoYun le fit frissonner et lui noua l’estomac : elle en avait fait tomber de bien plus importants que lui et avait survécu à tous les changements, à toutes les purges (et il y en avait eu de nombreuses durant ses quarante dernières années de pouvoir).
On l’avait dit proche de Mao puis de Deng. Son véritable modèle était plutôt Jiang Qing, l’épouse du dictateur et chef de « la bande des quatre ». A 64 ans, Directeur du Bureau de la Propagande auprès du Conseil d’Etat, elle semblait intouchable, et pourtant !
Yaozu reprit la lecture de la fiche intitulée Sisci Yan : pas d’amants réguliers connus, pas de comportements sexuels anormaux. Reçois de temps en temps homme ou femme chez elle mais pas de remarques particulières. Son meilleur ami: Liu Cheng.
On les avait vu beaucoup ensemble jusqu’à la mutation de Cheng au Centre, autre appellation, plus neutre, du Service Action! Yaozu sourit. Il savait repérer les bons éléments et les convaincre de travailler pour lui ! Pour cette mission il pensait qu’une femme serait plus efficace même si elle venait d’un milieu peu politisé et sans grande culture.
Bien notée par son chef malgré une tendance à discuter trop souvent le bien fondé des ordres qui ne lui paraissaient pas clairs. Esprit d’initiative, un peu trop, aucune bavure connue. Yan n’avait encore jamais utilisé une arme à feu dans sa fonction.
Note de tir : 70 sur 100 ! Pas mal mais peut mieux faire. Continue à s’entraîner aux arts martiaux et a participé à un tournoi de kung-fu inter-régional : a été en finale !
Loisirs : arts martiaux (encore) et piano !
Outre le mandarin, elle parle le cantonnais couramment, assez bien l’anglais, un peu de français (écrit et parlé) et le japonais ! (Elle avait du en baver pour en arriver là ! Chez elle on devait parler un mandarin à peine correct !)
Yaozu se demandait s’il devait la faire mettre sur écoute deux ou trois semaines avant de se décider. (Il était naturellement méfiant vis-à-vis des femmes, surtout issues du peuple !)
Bien sûr elle avait acquis une solide éducation, mais quand même, elle n’avait pas baigné dans cette culture millénaire qui était celle des lettrés.
Il pensa à sa propre famille, une grande famille, hauts fonctionnaires sous le régime communiste et, bien avant, mandarins sous l’Empire. On lui avait tout appris, calligraphie, peinture, musique, mathématiques, astronomie, histoire ! Les nouvelles générations qui entreraient dans ce service ultra secret ne viendraient plus du même monde !
Son regard s’attarda sur le bas de la feuille posée devant lui : « Il veut que cela aboutisse très vite » ! Peng. Une petite phrase mais si lourde et impérative ! Les dés étaient jetés !
Il appuya sur l’interphone:
-Peng je veux voir l’inspecteur Sisci Yan dans mon bureau demain à 8 heures.
« Si ça se passe bien, une semaine de stage intensif ! Cela devrait suffire. De toutes façons je n’ai ni le temps ni le choix ! »
-Peng !
-Oui Monsieur.
-Comment s’appelle ce centre d’entraînement dans le nord du Sichuan ? Montagnes, lacs, forêt et marais.
-Jiu Zhai Gou. Enfin, il est près du parc naturel de Jiu Zhai Gou.
-Il y a des touristes ?
-Des milliers ! Nous nous servons du nouvel aéroport terminé il y a deux ans et nos agents sont dans l’anonymat le plus absolu. Des touristes comme les autres!
-Vous avez le programme ?
-Non, trop secret pour mon niveau de responsabilité !
-Et les filatures ?
-D’après ce que j’en sais, ils utilisent Nanping. La ville est à 40 kilomètres, 100 000 habitants très mélangés, majorité de Hans mais beaucoup de tibétains, mongols, ouigours et mandchous.
-Parfait. Il me faut une place pour samedi. Débrouillez-vous.
-Je vais essayer.
-Non ! Il le faut. Je ne veux plus entendre ce mot. Essayer ! Comme si nous avions le droit d’échouer !
-Le nom du postulant ?
-Sisci Yan. Futur Agent 202.
-Ah ! Elle le sait ?
-Elle le saura assez tôt.













Sisci Yan

Sisci Yan était inspecteur de police. Plutôt inspectrice, mais elle n’aimait pas cette féminisation petite bourgeoise née cinq ans auparavant.
A 20 ans elle avait réussi le concours d’entrée à l’Ecole de Police de Pékin. Sortie 5ème de sa promotion après deux ans d’études, elle avait été affectée dans un commissariat de banlieue. Pendant quatre longues années elle avait du assurer rondes, gardes de nuit et enquêtes de voisinage, échappant de peu à la circulation.
A 26 ans, admise à l’Ecole des Officiers de Police, elle y reçut une formation supplémentaire d’un an (en réalité un fort endoctrinement politique). C’est là qu’elle avait rencontré Cheng qui était de la promotion précédente. C’est aussi pendant cette année qu’elle était devenue l’inséparable amie de Li Mei, Mei venue de sa province, de Loyang , et qui n’avait qu’une seule envie, y retourner.
Le dernier trimestre s’était passé à Shaolin , dans une Ecole de Kung Fu réservée aux protégés du gouvernement, dirigée par un Grand Maître. Il sélectionna les dix meilleurs futurs officiers, dont Mei et Yan, pour un dernier mois de pratique intensive.
Troisième de son groupe, Yan choisit une affectation au Commissariat Central de Pékin. Elle y retrouva Cheng qui y était arrivé six mois plus tôt.
Rapidement ils prirent l’habitude de mener des enquêtes ensemble et finirent par nouer une solide amitié. Ils déjeunaient sur le pouce à proximité des lieux où les menaient leurs recherches, et régulièrement, il leur arrivait de dîner en tête à tête. Le règlement intérieur du commissariat était très stricte : pas de relations personnelles entres les officiers de police en dehors des heures de travail ! Yan avait mis du temps à accepter les sorties proposées par Cheng : l’Opéra de Pékin, les concerts de musique classique au Conservatoire, un nouveau groupe de rock au Hard Rock Café, une exposition de peinture, tout ce qu’elle ne connaissait pas !
Il la raccompagnait de plus en plus souvent près de chez elle, mais ils n’avaient pas encore franchi le pas ! Et puis, au bout d’un an, sans explications, Liu Cheng disparut du Commissariat et ne donna plus signe de vie. Personne n’avait pu répondre aux nombreuses questions qu’elle avait alors posées, sauf par un laconique : mis en disponibilité pour problèmes personnels ! Elle ne connaissait même pas son adresse et quand elle se renseigna elle reçu une réponse négative : interdiction de communiquer tout ce qui concerne la vie privée des officiers !
Au bout de quelques semaines elle en avait pris son parti. La vie continue !
A trente ans elle était toujours célibataire et heureuse de l’être. Grande pour une chinoise, 171 cm, elle se savait jolie tout en regrettant de ne pas avoir un peu plus de seins sous ses chemises en soie presque transparentes, et le nez pas encore assez pointu bien que l’ascendance nordique de sa mère ait bien arrangé les choses.
Elle avait su conserver la beauté et la douceur d’un corps de femme, malgré une musculature impressionnante en adepte des arts martiaux qu’elle était. C’était plus par ses qualités physiques et son esprit d’analyse que par l’intensité de son travail qu’elle avait si bien réussi à l’Ecole de Police !
Elle adorait les ensembles pantalons qu’elle trouvait éminemment pratique dans son métier. Ses collègues se moquaient souvent de son allure androgyne ce qui ne les empêchait pas de la draguer avec persévérance et sans succès apparents.
Deux mois après le départ de Cheng, alors qu’elle attendait une amie japonaise dans le hall de l’hôtel Nikko, elle avait arrêté, seule et à main nue, deux cambrioleurs qui tentaient de repartir avec la caisse du bureau de change ! Un coup de chance, pour elle, qui, alertée par les cris de l’employée, n’avait fait qu’une bouchée des jeunes cantonnais (d’après le journal New Tsintao) qui ne lui opposèrent que peu de résistance :
-« Stop Police ! » Regards incrédules et hésitation des malfaiteurs. Prise au coude sur le premier qui lâche une sacoche et savate derrière le genou pour le second. Aide à retardement des personnels de surveillance, nombreux mais mal payés, et remise des malfaiteurs à la police locale.
Inévitablement elle devint Super Woman, ou mieux Wonder Woman (Quelle honte ce film américain adoré par les chinois !) jusqu’a ce qu’elle y mit un terme par un avertissement général : le prochain nez en compote !
Le seul handicap qu’elle-même se reconnaissait: un rire tonitruant qui se transformait souvent en fou rire, et qu’elle n’arrivait pas à maîtriser. C’était plutôt un signe de bonne santé psychique!






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Noir c'est noir. 26/12/2009. Librairie "La plume et l'Ecran". Concors de nouvelles!

| 18-04-2010 13:30:06 |

NOIR C’EST NOIR

Alors que le soleil étirait, pour la dernière fois, ses rayons sur les imposantes statues de la Grand Place, les habitants de Bussy Saint Georges, les buxangeorgiens, s'extirpaient, angoissés, de cette longue nuit de veille.
La soirée avait commencé par la confirmation que la catastrophe tant redoutée allait bien se produire et pendant les heures qui restaient, les habitants, ceux qui n’avaient pas essayé de fuir, s’étaient employés à consolider les mesures déjà prises depuis quelques jours. D’autres, les plus croyants avaient passé la nuit à l’église, au temple ou à la mosquée.
A présent tous les regards se tournaient vers le sud, vers Paris d’où l’enfer pouvait surgir à tout moment. Tout à coup la sirène d’alerte se mit en marche bientôt suivie par les cloches de l’église qui sonnaient le tocsin! C’était la suite inéluctable des événements qui avaient démarrés dix jours avant.

Le premier volcan à secouer la vieille Europe avait été l’Etna, une formidable éruption avec d’énormes coulées de lave qui tombaient dans la mer provoquant des nuages de pluie et de fumée mêlées. Très vite il y eu un nombre de morts considérable et bientôt les images qui parvenaient au reste du monde , images satellite, ne montrèrent qu’un gigantesque nuage qui grossissait d’heure en heure en se dirigeant lentement vers le nord, poussé par un vent venu d’Afrique. Quelques heures plus tard c’était au tour du Teide aux Canaries d’entrer en transe. L’île de Lanzarote se transformait peu à peu en un magma fumant et projetant ses fumées à des kilomètres de hauteur

A Bussy Saint Georges, comme dans le reste du monde, les habitants suivaient l’évolution de la situation avec un certain détachement. Il n’y a pas de volcans en Île de France ! Et puis après la grande tempête de 99 et le Tsunami qui avait ravagé le sud-est de la planète on était habitué aux images des catastrophes naturelles.

Les cendres venues de Sicile commençaient à survoler le sud de l’Italie la plongeant dans le noir quand ce fut autour du Vésuve d’entrer en éruption et quelle éruption ! Sûrement aussi terrible que celle qui anéantit Pompéi ! En quelques heures l’énorme nuage de cendres atteignait la banlieue de Naples semant une panique incroyable sur les routes menant vers Rome avec des scènes d’une violence inouïe, chacun voulant passer devant l’autre, une fuite aussi mortelle qu’inutile ! Enfin les télévisions avaient autre chose que le noir du ciel à montrer : les hommes se battaient en direct, et cela ne faisait que commencer !
Et puis il y eut le tremblement de terre ! De la Corse jusqu’à Marseille ! 7,5 sur l’échelle de Richter et une vague de 10 mètres de haut qui s’abat sur les côtes.
Et tout à coup le massif de l’Estérel qui s’ouvre comme une orange trop mûre et laisse échapper lave, fumées et cendres de ses entrailles !
La France n’était plus à l’abri d’une catastrophe qui prenait une taille phénoménale au fil des jours.

A Bussy on commençait à se poser des questions sur ces événements terrifiants sur lesquels l’homme ne semblait pas avoir de prise. L’Europe et chacun de ses pays avaient créés des cellules de crise pour essayer de faire face aux conséquences possibles. Puis l’ordre était descendu, à travers les préfectures, jusqu’aux communes : organisez vous mais éviter la panique. Renforcez la surveillance des bâtiments publics, stockez des aliments non périssables et des vêtements dans des endroits sûrs. Le maire avait rapidement réparties les taches au mieux des compétences de chacun.
A la maison, au bureau ou au café toutes les conversations tournaient autour de ce que certain appelait déjà la fin du monde ! Le 21 décembre n’était pas loin et nombre d’illuminés rapprochaient les deux évènements. Sur les plateaux télé les experts se succédaient sans discontinuer pour raconter les mêmes choses d’une chaîne à l’autre : on ne sait pas ! C’est la nature imprévisible ! C’est la faute de l’homme et de son irrespect de la nature ! Ce sont les Iraniens ou les Pakistanais qui ont fait exploser une bombe H en sous-sol ! C’est…
Toute l’Italie, une grande partie de l’Espagne et maintenant le sud de la France, étaient recouverts d’un nuage de cendres épais de plusieurs kilomètres. La nuit 24h00 sur 24. Edf qui avait déjà annoncé des coupures de courant possibles en temps normal, était complètement débordé. Par contre il n’y avait que très peu d’informations sur les victimes, le nombre, les causes, et surtout que fallait-il prévoir ?
L’État avait mobilisé la plupart des forces de police et de l’armée pour assurer l’ordre surtout contre les pillards qui commençaient à affluer pour visiter les maisons abandonnées.
Dans la ville le calme était absolu. Peu de gens dehors, juste le strict nécessaire.
Quelques agents municipaux s’étaient vus réquisitionnés et affectés à des taches inhabituelles comme aider à la circulation, au libre accès des rues, interdire les stationnements gênants, etc. La police officielle et nationale était ailleurs !

Chang et Valérie n’en revenaient pas ! Ils pouvaient enfin se balader dans les rues à la vue de tout le monde et sans risques.
Après une sérieuse alerte lors d’un contrôle de police, il ne sortait presque plus de chez son lointain cousin, épicier à Bussy, qui l’hébergeait gratuitement.
C’est un dimanche matin qu’il avait vu Valérie pour la première fois. Elle venait, en courant, chercher du lait frais et le seul endroit ouvert ce jour là était l’Épicerie. Chang donnait un coup de main car ces matins là point de police et pour les clients, un chinois c’est un chinois ! Valérie avait remarqué ce jeune homme aux yeux sombres, grand, mince et au sourire enjôleur.
Elle était revenue dans la semaine avec, sans se l’avouer, le secret espoir de le revoir mais en pure perte! Et le dimanche suivant…
Il leur avait fallu deux mois pour se parler et trois pour se rencontrer en dehors des rayons couverts de conserves et de légumes.
-Tu crois vraiment qu’on ne risque rien ?
-Valérie, regarde autour de toi. Ces volcans en folie c’est la meilleure chose qui pouvait nous arriver!
-D’accord, mais quand même. Et si on tombe sur un copain, une amie ou même un de mes parents, on fait quoi ?
-Rien, on ne s’arrête pas c’est tout. En ce moment chacun s’occupe de soi et c’est à peine si les gens s’aperçoivent qu’il y a autre chose qu’eux-mêmes. Le plus important, la seule importance c’est eux et eux seuls. Ce qui va être dur c’est quand la vie va reprendre normalement. Dur à supporter !
-En tous cas ça n’en prend pas le chemin. Allez viens.

Le Président avait fait une intervention à la télévision pour rassurer son peuple et lui montrer que l’État était là solide et sûr, et que lui s’engageait solennellement à tout faire pour rétablir la situation ! De toutes façons après Avignon il n’y avait plus rien à craindre, même si le nuage toxique et imperméable à la lumière recouvrait à présent un bon tiers du pays ! Cinq minutes dans son bureau de l’Élysée, devant les drapeaux, et la marseillaise pour finir.
Dans la nuit qui suivit le premier volcan d’Auvergne se mit à cracher des boules de feu et la lave se répandit sur les pâturages qui n’avaient plus le souvenir de ces éruptions depuis des millénaires!
Puis ce fut une réaction en chaîne. Deux, trois, quatre, cinq, dix! Un à un tous les volcans s’activèrent, faisant un vrai concours de qui fera le plus de dégâts, le plus de lave, le plus de cendres! En quelques heures la région devint un véritable enfer. Le nuage grossissait et s’étendait jusqu’à rejoindre celui qui venait du sud. Bientôt Lyon et ses environs furent plongés dans le noir.
Les centrales électriques s’arrêtaient une à une, faute de personnel et d’entretien, ne restaient plus que les centrales atomiques du nord et pour combien de temps.

Chang écoutait FM77 sur son walkman, seule radio qu’il arrivait encore à capter, les ondes magnétiques émises par le nuage toxique déréglant les grandes stations nationales
-Valérie, ils sont en train de dire que si ça continue, dans deux jours le nuage sera sur Paris!
-C’est pas possible! Encore un coup de pub!
-Non, je t’assure, ça à l’air sérieux. Ils annoncent aussi qu’en Afrique le Kilimandjaro est entré en activité avec des gigantesques projections. Ça va tellement vite que les gens n’ont pas le temps de fuir!
-Tu sais je commence à avoir peur. Peut-être qu’on ferait bien de partir d’ici!
-D’après la radio il y a des éruptions presque partout. Le Pinatubo et tous les volcans des Andes sont de plus en plus actifs. Il y a eu aussi un tremblement de terre au Costa Rica! C’est la vraie grande catastrophe. L’Islande aussi, on vient juste de l’apprendre! Il ne reste plus que l’Amérique du nord qui semble épargnée. Les Américains sont en train de tester Yellowstone! Tu connais?
-Ouais, c’est là que mes parents m’ont traînée quand j’avais 10 ans! Des trous d’eau qui bouillonne et des geysers de fumée qui monte dans le ciel! Si ça se met à bouger ça va être quelque chose!
-En tous cas à partir de maintenant on ne se quitte plus!
-D’accord Chang, mais il faut quand même que j’avertisse mes parents.
-Tu ne trouves pas que subitement il y a beaucoup de voitures dans les rues? On dirait que certain ont décidé de fuir la ville!
-Tu m’attends à la Brasserie j’en ai pour une minute?
-Pas question Valérie, je ne te quitte pas d’une semelle. Avec cette ambiance un peu folle qui commence à régner un peu partout je préfère que l’on reste ensemble. OK?
-D’accord. On y va?


A l’Elysée la cellule de crise siégeait sans discontinuer.
L’avion du Président était prêt à décoller à tous moments. Air Force 0 comme l’appelaient les officiers de l’état major présidentiel par dérision et en comparaison d’Air Force One, le Boeing 747 du président des États Unis. Il stationnait sur le tarmac de Villacoublay, à une demi heure en hélicoptère du palais. Un satellite militaire était prêt à en assurer le guidage.
-Le dernier point sur la situation Monsieur le Ministre de l’Intérieur.
-Je ne voudrais pas donner dans le catastrophisme Monsieur le Président, mais les préfets sont débordés et certains n’ont plus aucun moyen d’action et de coordination. Les transports civils habituels, avions, bateaux, trains sont inutilisables. Tous les stocks de nourriture, vêtements et couchages d’urgence ont été comptabilisés. Dans quelques villes du sud on estime à plusieurs dizaines de milliers les morts dus à la panique, à de nombreux suicides aussi.
D’autres nouvelles alarmantes: les masques à gaz traditionnels n’ont aucun effet de filtrage, seuls ceux équipés de bouteilles d’air comprimée sont utiles, mais il y en a très peu. Nous en avons stocké 500 dans les sous-sols du palais. Enfin, les volcans des Caraïbes et de la Réunion sont eux aussi en reprise d’activité. Pour le moment encore assez faible mais on craint le pire.
Paris devrait être sous le nuage demain. Une seule petite lueur: un drone a repéré une trouée de ciel bleu au dessus de la Méditerranée, petite mais réelle.
Vous souhaitez parler aux français? La couverture télé et radio est faible mais c’est mieux que rien.
- Non merci, je ne le ferai que si je peux rassurer, sinon à quoi bon?

A Bussy Saint Georges le Maire avait fait distribuer une lettre à tous les habitants, expliquant la situation et ce que, à son avis, il convenait de faire.
« Mes chers concitoyens, nous allons bientôt subir une épreuve terrible et dont nous ne connaissons pas la durée. Nous avons toujours été solidaires et je vous demande de le rester plus que jamais. Inutile de vouloir aller vers le nord de la France ou de l’Europe, le nuage venant d’Islande et de Norvège a déjà atteint l’Angleterre.
Restez chez vous, après avoir fait le maximum de provisions, sans oublier l’eau en bouteille. Dés que vous apercevrez le nuage toxique, calfeutrez portes et fenêtres le mieux possible. Il reste encore des rouleaux autocollants à la Mairie, et ne sortez plus. Je trouverai le moyen de rester en contact avec vous. Courage et à bientôt. »

-Chang, tu veux lire la lettre du maire? Elle était dans la boite aux lettres de la maison.
-Fais voir. Et tes parents?
-Aucune trace! Envolés. Pas même un mot d’explication.
-C’est parfait! On va pouvoir squatter chez toi.
-Idiot, ce n’est pas un squat puisque c’est chez moi!
-OK. D’abord on passe à l’Épicerie et on fait le plein. Par derrière il y a une porte de service. Tu as une idée de ce qu’il nous faut?
-On avisera sur place. On y va?
Valérie et Chang traversèrent la moitié de la ville, quasiment déserte.
A la librairie « La Plume et l’Ecran » les clients faisaient la queue, venus sûrement faire le plein de livres et de magazines, dans l’attente de jours meilleurs. L’Épicerie était à quelques blocks et une longue file s’était formée devant la porte principale qui n’ouvrait qu’à 15h30.
-Dépêchons nous Valérie, après le passage de cette foule il ne restera plus rien!
C’est dans un vieux sac à pommes de terre qu’ils ramenèrent leurs provisions chez les parents de Valérie, avec l’espoir que ceux-ci n’avaient pas fait demi tour.
-On va ouvrir tout en grand pour faire entrer le maximum d’air.
-Chang tu es un imbécile! L’air il faudra surtout l’empêcher de sortir! On range tout ce qu’on a apporté et on se met au travail pour préparer le calfeutrage de la maison. Je sais que papa a plein d’outils au sous sol.
-On essaie la télé?
-Vas-y, la télécommande est dessus.
-OK. Y a que du brouillard sur ta télé Valérie. T’es sûr qu’elle est branchée?
- Tu es vraiment idiot ou quoi? Bien sûr qu’elle est branchée. On dirait une remarque d’un vendeur de chez Darty!
-C’est bon, t’as raison. Ah voilà, j’ai Canal Coquelicot, c’est pas la télé locale?
- C’est mieux que rien. Qu’est-ce qu’ils disent?
- Y a bien l’image mais pas de son! Et je t’assure je l’ai monté au maximum!
-Merde c’est encore un coup du nuage. Éteins si ça ne sert à rien, autant économiser énergie et oxygène dés maintenant.
Après le dîner improvisé mais qui leur avait paru magnifique, Chang la regarda avec émotion: tu te rends compte, on va dormir ensemble!
-Je me rends compte, je suis heureuse et je remercie le nuage.
-Tu es sûre de toi?
-Oh que oui. Soyons fous, allez hop va prendre un bain Chang, je vais te la jouer comme au cinéma.
Quelle nuit!
Bien sûrs ils n’étaient pas complètement innocents mais quand même, quelle nuit!
Ils dormaient dans les bras l’un de l’autre comme on peut le faire après une première nuit d’amour.
Ils avaient laissé ouverts rideaux et volets et c’est un rayon de soleil qui les réveilla.
Le ciel était bleu et le soleil rasant allait se réfléchir jusque dans la glace de la salle de bains.
Valérie s’étira et sa main se posa sur la peau douce de Chang. Elle sourit en pensant à ces heures passées à faire l’amour, à parler, rire et s’aimer!
Elle se leva doucement et se dirigea vers la fenêtre. Quelle magnifique journée s’annonçait! Tiens, au loin, dans la vallée vers Paris il y a quelques nuages. Non ce n’est pas réellement des nuages, comme une sorte de … Merde c’est pour aujourd’hui! C’est LE NUAGE!
-CHANGGGG…..
-Quoi? Tu m’as fait une peur bleue à hurler comme ça!
-Viens voir. Là bas, tout au loin, comme une barrière noire.
Et puis, tu n’entends pas la sirène? Et les cloches?

Le silence qui suivit fut impressionnant, comme si la ville entière retenait son souffle.

Le premier à pénétrer sur la Grand Place fut le Maire de Bussy Saint Georges, lui qui avait vu sa ville se transformer, passer du petit village briard à la cité moderne et accueillante qu’elle était devenue. Petit à petit, comme si une consigne secrète circulait de maison en maison, d’appartement en appartement, les buxangeorgiens sortaient de chez eux et lentement, le regard toujours fixé vers le sud, se dirigeaient vers la Grand Place. Bientôt ils furent plusieurs centaines. Peu se connaissaient mais tous semblaient unis par une même volonté: faire face et rester dignes. Ils avaient tous compris que leur sort était scellé et qu’il fallait essayer de vivre normalement le plus longtemps possible, défier le temps !
Quelques années plus tard, un chercheur découvrit, caché dans un casier de l’école, un petit carnet dont les premières pages étaient illisibles, mais sur les deux dernières, écrites d’une main enfantine on pouvait lire:

«-Mercredi : Le nuage noir est descendu tellement bas qu’on ne voit plus les toits des maisons. Papa ne va plus travailler. Il dit que Disney est fermé parce que plus rien ne marche. Il dit aussi qu’il y a des pays où c’est pire ! Hier soir nos cousins de Lognes sont venus dormir chez nous. On a quand même bien rigolé.

-Vendredi : Aujourd’hui c’est le dernier jour d’école. Notre maîtresse nous a dit que la poussière allait tout envahir et qu’on sera mieux chez nous. Je sais pas. Chez nous aussi la poussière est partout, et même avec nos mouchoirs sur le nez on en avale tout le temps. Hier mon petit frère ne pouvait plus respirer. Mes parents se sont encore disputés. Ma mère disait : c’est ta faute, il fallait partir, c’est ta faute. Je sais pas. On dit que c’est partout comme chez nous. C’est surtout de ne plus voir les copains qui va être dur. »



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La chine et son passé

| 11-04-2010 19:40:30 |



Je quitte facebook où je me suis joins à un débat passionnant pour des passionnés : la Chine assume t-elle son passé. D’accord à cette heure-ci je devrais plutôt réfléchir sur le mien de passé! Mais…

D'abord est ce que la notion de passé a la même signification pour tout le monde?
Sûrement pas et il est très difficile de comparer les réactions des individus et encore plus des peuples. Quand la France a-t-elle commencé à assumer Vichy et la collaboration, les fusillés de 14-18, les guerres coloniales et en particulier celle d'Algérie? L'Allemagne nous a donné des leçons à ce sujet.
La Chine est surtout muette sur son présent et se sert de son passé, en le façonnant à son goût, comme d'une période glorieuse et unique, l'ayant faite reine du monde, l'Empire du milieu! Il faut avoir vu les derniers films de propagande comme Confucius ou Naissance de la République pour comprendre à quel point le présent fait peur aux responsables chinois, sans parler de l'avenir. Claude Hudelot (Le Mao, livre et Docu) qui lançait la discussion veut entendre la voix de la Chine, mais laquelle? Celle des 10 millions de nantis du parti qui s'appuient sur les 100 millions de nouveaux riches qui ne pensent même plus. Ils consomment comme si leur existence même en dépendait, et c'est peut-être le cas.
La Chine des vendeuses des grands magasins, celles des bonnes à tout faire qui débarquent tous les jours dans les mégapoles pour survivre misérablement dans les restaurants ou chez les "riches"particuliers, celle des ouvrières de Shenzhen qui crèvent de fatigue devant leur machines ou de ces mineurs du nord-est qui meurent bravement tous les jours pour enrichir la "patrie", celle des paysans plus pauvres que pauvres et que l'on fait venir en ville pour les renvoyer dénudés dans leur province sans un sous dés qu'ils ne servent plus?
J'aime la Chine et chaque fois j'y suis un peu comme chez moi. J'y ai de nombreux amis qui me manquent et que je ne peux pas aider. Mais la voix de la Chine est encore comme un bruit sourd et continu, le bruit d'une vague qui n'arrête pas de déferler entraînant avec elle des millions d'individus, se tendant la main sans y arriver!


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Le monde des autres(page 2 de mon nouveau roman)

| 9-02-2010 22:40:30 |

LE MONDE DES AUTRES

Le « Jules Verne » était plein à craquer et j’avais du m’y prendre quatre mois à l’avance pour retenir une table « près des baies vitrées ». Une table pour sept ! Pas facile mais finalement en arrivant ce dimanche là à midi je découvris une superbe table ronde dominant tout Paris et du bon côté !
25 ans de Mariage ! Céline en avait 25 aussi lorsque l’on avait « convolé » et moi tout juste 30. Nous étions un peu fous et tellement amoureux. Mais à cette époque le « Jules Verne » était largement au-dessus de nos moyens.
Vers 12h30 tout le monde avait trouvé sa place. Le cousin de Céline et sa toute jeune femme étaient arrivés en dernier et comme d’habitude Céline avait tenu à l’avoir prés d’elle, sûrement de vieux souvenirs à partager, et donc j’héritais de la jeune épouse. Les trois autres étaient un couple d’amis communs de notre age et une amie d’enfance de Céline qui se trouvait seule à Paris à ce moment là. Notre fille, Valérie, enfin la fille de Céline, n’était pas là je ne sais plus sous quel prétexte, mais un repas qu’avec des « vieux » ! Je n’avais pas insisté, j’aurais fait la même chose si j’avais pu !
Nous étions arrivés en avance pour accueillir nos invités et chacun d’entre eux ne manqua pas de s’inquiéter de ma santé, avec la formule rituelle et idiote du « ça va bien ? » à laquelle on ne peut répondre que « parfaitement » ou « magnifique » ! Tu parles de magnifique ! De toutes façons je sais bien que seule leur propre santé les intéresse, mais en plus aujourd’hui, il faut que tout le monde aille bien, c’est la fête !
En accord avec Céline je n’avais informé personne, ni famille ni amis. Le poids de ce qui m’arrivait était assez lourd à porter sans avoir à supporter les histoires des autres, car comme c’est inéluctable, dés que vous annoncez un rhume votre voisin a eu la grippe, sa cousine une pneumonie et son directeur un accident de voiture(bien fait !) ! Pourquoi un accident de voiture vient-il se mêler à la litanie des maladies diverses et variées, on n’en sait rien, mais il arrive toujours l’accident, peut être finalement parce que la voiture représente encore l’image la plus emblématique de notre société !
Donc nous voilà sept à table, face à Paris et du bon côté, servis comme des rois, buvant autant qu’il est possible, et surtout parlant de choses insipides comme le temps, le gouvernement ou les petits enfants ! Des gens normaux quoi, qui n’ont pas ou plus grand-chose en commun, mais qui font comme si. Depuis un moment la discussion tournait autour de « faut-il continuer à voter socialiste alors qu’ils ne font rien d’autre que se tirer dessus à bout portant ou passer chez les Verts, enfin chez Dany même s’il n’est plus aussi rouge et envisage une alliance avec l’ineffable Bayrou comme naturelle ? »
Depuis le début de ce repas j’étais resté silencieux. Je sursautai quand je m’entendis interpeller : Et toi Pierre, qu’en penses tu ?
Je relevai la tête, jetai un regard circulaire sur la petite assemblée et déclarai d’une voix forte : moi ? J’ai un cancer !

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Je vous trouve très beau

| 1-11-2009 22:46:05 |

JE VOUS TROUVE TRES BEAU

L’identité nationale ! Est-ce que vous avez vu la brochette de ministres, sans parler du président, que nous avons ! On se croirait à un concours de laideur, et je ne parle même pas de l’intelligence, de l’éducation ou du respect de l’autre !
Et qui vient nous parler de l’identité nationale ? Le successeur d’Hortefeux ! Le traître d’entre les traîtres, celui qui avant de lécher les bottes de son maître avait écrit un pamphlet terrible contre lui ! Souvenez vous : dans le dernier ouvrage qu'il a coordonné pour le parti socialiste, L’inquiétante « rupture tranquille » de Monsieur Sarkozy], il demandait : « La France est-elle prête à voter en 2007 pour un néo-conservateur américain à passeport français ? ». Depuis il est devenu le chantre du charter pour les immigrés, le roi du ramassage des sans-papiers et maintenant le fer de lance de la droite extrême en relançant un débat au ras des pâquerettes sur cette fameuse, je dirai bien fumeuse mais n’abusons pas, Identité nationale. Pour corser le tout, il divorce en juin et comme par hasard une jeunette toute fraîche s’approche, s’accroche et lui murmure : « je vous trouve très beau » !
OK je sais bien que même vieux, laids et paraplégiques beaucoup d’entre nous si une jeune et jolie femme nous regarde avec des yeux de biche conquise, oui beaucoup y verront le reflet de leur merveilleuse personnalité ! Mais il y a des limites non ?
Mais restons sur l’identité. C’est quoi ? Dans ma famille il y a du corse, de l’alsacien (allemand à l’époque après 1870), du jurassien, un zeste de kabyle(la conquête du Maroc), un peu de juif sépharade, des paysans, des fonctionnaires, des qui votent à droite, d’autre qui votent à gauche, et j’oubliais pour moitié de femmes et d’hommes ! Mes frères et sœurs plus âgés que moi ont du chanter « Maréchal nous voilà » tous les jours à l’école (ouf j’étais juste un peu trop jeune) et le meilleur chanteur avait un bon point ! La Marseillaise m’a toujours semblée être un chant qui collait bien avec la révolution, notre révolution, mais qui aujourd’hui est dépassée et ne fait que justifier notre attitude de beaufs français. Et puis j’ai toujours préféré l’internationale ! Au drapeau bleu, blanc, rouge je préférerai celui de l’Europe( une Europe sans Barosso bien sur), quand à notre République Française elle me semble prendre un chemin de traverse vers un autoritarisme qui flirte avec le totalitarisme, et pour couronner le tout voilà que le parti du président signe des accords avec le merveilleux et démocratique parti communiste chinois ! (vous aussi avez remarqué l’adoption du système chinois pour les visites du petit président !).
Si on me parlait de tous ces écrivains, peintres, sculpteurs, musiciens, chanteurs, danseurs, philosophes, architectes, chercheurs venus des quatre coins du globe et qui ont fait la France, alors je commencerai à écouter, car il n’y a de pays que par sa culture, sa langue et ce qu’il a pu apporter au reste du monde.
Mais que « petit ministre de l’identité » ose parler de nous, de nos peuples, de nos vies et de celles de nos enfants, non ! Et puis, vraiment « je ne le trouve pas très beau ».

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Je ne sais plus où j'en suis!

| 9-10-2009 21:26:47 |

Bonsoir,

Plus je réfléchis à cette histoire de Frédéric Mitterrand et moins je comprends.

D'abord Mitterrand. Il a bien le droit de voir des prostitués ou prostituées au choix, car même si le seule idée de prostitution avec tout ce que cela implique de sordide, de maltraitance, ect..., combien d'hommes de son âge peuvent jurer n'avoir jamais rencontrer de prostitué(e)s, surtout à l'étranger, loin des regards familiaux. Et puis si il est homosexuel, ou préfère les garçons comme il dit, c'est son problème. Quand à l'âge des uns ou des autres, je ne crois pas à des actes de pédophilie de sa part, car dans ce cas il n'avait vraiment pas besoin d'aller si loin! La France et la Belgique sont des pays fournisseurs par excellence, voir le nombre d'affaires dernièrement mis à jour dans ces deux "beaux"pays.

Ceci dit, comment des responsables politiques et en particulier un Président de la République qui se veut la 1ère merveille du monde, a pu nommer Ministre de la Culture(française) Mr. Mitterrand?

Lui qui est à plat ventre devant Poutine, Kadafi, L'Arabie saoudite, le Kazakhstan, l'Afrique en bloc, l'Asie et en particulier la Chine, pays où l'homosexualité est souvent considérée comme un délit et sévèrement punie, comment a-t-il pu penser, s'il pense, qu'un Ministre de la Culture, premier fer de lance de la France à l'étranger, pouvait être Frédéric Mitterrand?

C'est de l'amateurisme à ce niveau.

J'espère que Frédéric Mitterrand finira par se sortir sans mal de cette mauvaise histoire, même si je n'ai jamais apprécié l'homme de télévision, mais l'action culturelle de la France dans le tiers monde?

On m'objectera, et j'aurai tendance à rejoindre ceux là, que la France se doit d'assumer ses libertés, sa façon de vivre, son amour de la diversité,

enfin tout ce qui fait "La France" et que l'on s'y sent encore bien! D'accord. Mais......

Ce soir je suis triste pour tous: Mitterrand, La France, ceux qui hurlent avec les loups, et ce piètre Président avec son piètre gouvernement.

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Je ne sais plus où je suis!

| 7-10-2009 21:54:08 |

C'est pas possible comme aurait dit l'Abbé!
Nos soldats, dont c'est le métier, meurent pour libérer les femmes du joug des tyrans qui au nom de l'Islam, leur font porter la burqua, et en France, ces mêmes représentants de ces gouvernants d'opérette, veulent nous obliger à accepter l'infame: que nos femmes se voilent de la tête aux pieds et se taisent sous la tutelle des mâles de la famille. C'est la tradition!!! Et merde pour la tradition!
Polanski, que j'adore comme cinéaste, se soustrait depuis 30 ans à la justice, fut-elle américaine, pour une accusation de viol sur mineur(13 ans, "euphorisée" et peut-être sodomisée) et tous nos "beaux intellectuels" ou presque, volent à son secours! Pour moi qui me bat sans cesse pour que viols et meurtres soient imprescriptibles, je trouve qu'ils sont devenus fous, le ministre de la culture encore plus que les autres!
Chérèque vient à la télé pour nous dire que finalement, changer le statut de la poste c'est normal et qu'il n'y a pas de risques de privatisations!!! Il ment ou il est devenu fou!
Les suicides se succèdent chez Orange(France Telecom faisait trop service public) et le PDg vient nous dire que c'est la mode!!! Pas possible!!! Alors on vire le sous fifre de service!!
Bon, je m'arrête là car je sens la bile qui m'envahit!
Courage à tous

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Dernier livre paru :


Dans la douceur de la nuit

| Roman |

Printemps 1977. Envoyé par le ministère des Affaires étrangères, un ingénieur français part aider les Vietnamiens à remettre en état leur chaîne de télévision. Pour lui, l’occasion de se remettre d’une rupture douloureuse, à l’autre bout du monde. Dix-huit mois au Vietnam, dix-huit mois qui compteront plus que dix ans. Un séjour au goût de revenez-y. Car là-bas, c’est Lyn, cette jeune fille qu’il voit grandir, envoûtante mais inaccessible, mais c’est aussi Dong, qui a fini par arrêter de vendre son corps aux autres pour lui réserver…

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